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C’est la rentrée, une période tout indiquée pour repartir du bon pied. Seriez-vous mûr pour un bilan de carrière?

La rentrée, cet instant transitoire entre la fin des vacances et le début de l’automne, est un moment idéal pour jeter un coup d’œil au rétroviseur. Pourquoi ne pas profiter de cette période pour reconnaître vos talents ou dénicher vos ressources insoupçonnées et ainsi donner de nouvelles ailes à votre carrière?
«Souvent, on fait un bilan quand on est mis à pied ou victime d’une réorganisation structurelle, mais on devrait le faire plus régulièrement», dit Edwidge Desjardins, conseillère d’orientation et professeure de développement vocationnel à l’UQAM. Grâce à de petites rétrospections fréquentes, il est plus simple d’effectuer des ajustements en cours de route, plutôt que d’attendre de frapper un mur, et de devoir remettre en perspective l’ensemble de son parcours professionnel.
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«Le bilan de carrière est un exercice que l’on fait dans le présent, qui évalue le passé, et qui prépare l’avenir», poursuit-elle. Au-delà du simple historique linéaire de ses réalisations, cet exercice est l’occasion de découvrir ses «arguments de vente» en tant que travailleur et de faire émerger des aptitudes enfouies. «Dans le fond, le bilan de carrière est un rendez-vous que l’on tient avec soi-même», résume Jean Vézina, président de Dotemtex Transition, une firme spécialisée en transition de carrière.
Depuis que de grands mouvements ont transformé le marché du travail — pertes d’emploi liées aux fusions et acquisitions, exportation de la main-d’œuvre, augmentation des emplois atypiques, etc. —, un examen de carrière régulier s’impose. «Les travailleurs peuvent tous être échangés n’importe quand, poursuit-il. Autrefois, on confiait notre carrière à l’entreprise. Maintenant, c’est l’individu qui doit la gérer lui-même.»
Chez Dotemtex Transition, les individus sont invités à dresser un bilan en utilisant un outil baptisé le «portefeuille de compétences». «On essaie de regarder ce que la personne a à vendre, combien valent ses compétences et si elle est toujours intéressée à les utiliser dans son travail, dit M. Vézina. La personne se retrouve devant une liste de quelque 500 compétences parmi lesquelles elle peut choisir.»
La coach professionnelle Sophie Tremblay, quant à elle, amène ses clients à clarifier leur style de vie idéal. «Dans notre société, dit-elle, on a tendance à choisir un métier d’abord et à organiser notre vie autour par la suite. On devrait plutôt bâtir sa carrière autour des valeurs et du style de vie que l’on souhaite mener. Si une personne décide de devenir commis voyageur, mais que la famille est importante pour elle, il risque de se développer un grand fossé entre son idéal de vie et son métier.»
La coach propose aussi de se pencher sur son passé professionnel afin d’extraire et de classer les tâches que l’on a eu à accomplir. «On fait trois colonnes : une contenant les tâches qui nous passionnaient, une pour les tâches moyennement intéressantes et une dernière avec ce que l’on détestait faire. On verra assurément se dégager des tendances et il deviendra possible de faire un lien entre les tâches qu’on aime assumer et nos points forts.»
Certains préfèrent effectuer leur bilan de carrière en solo. Mais souvent, on est bien mauvais juge de soi-même. Questionner ses proches, leur demander comment ils nous perçoivent ou leur montrer notre bilan sont autant de bons réflexes. «Ce qui est intéressant lorsqu’on fait son bilan avec une personne qui nous connaît bien, c’est la rétroaction», dit Sophie Tremblay.
Des professionnels en gestion de carrière peuvent évidemment aussi vous venir en aide. Leurs services demeurent toutefois coûteux et s’adressent surtout aux cadres, décideurs ou entrepreneurs. Mais dans le cas d’une réorientation complète, les conseillers d’orientation et coachs professionnels peuvent apporter une expertise que ne possèdent peut-être pas vos amis ou les membres de votre famille.