Vie au travail

Bonheurs de pointe (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 5 mai 2004

Jean-François Hogue apprécie ses heures passées dans le trafic, une transition nécessaire entre le rythme du bureau et celui de la maison.

Certains conducteurs altruistes préviennent de leurs mésaventures les autres usagers de la route en appelant le chroniqueur de la circulation à la radio de Radio-Canada, Yves Desautels. «Dès 5 h 45, les auditeurs appellent pour faire part de l’état de la circulation. Le téléphone ne dérougit pas», indique-t-il. Certains collaborateurs réguliers en font d’ailleurs une mission quotidienne : c’est leur participation à l’effort collectif de lutte aux embouteillages, analyse le chroniqueur.

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Yves Desautels déplore cependant que de nombreux conducteurs rentabilisent leur temps en voiture en y effectuant des activités peu compatibles avec une conduite prudente. «Hormis le traditionnel café-muffin, il n’est pas rare de voir des conducteurs imprudents se raser, se maquiller ou même lire le journal au volant!»

Avant tout : le confort!

Pourquoi tous ces conducteurs n’utilisent-ils pas le transport en commun ou le covoiturage? Le manque de souplesse de l’un et les surprises de l’autre en rebutent plusieurs. Même si elle avoue que le service d’autobus est efficace, Nathalie Provost croit que l’utiliser allongerait sa routine d’au moins une heure par soir. D’autres ne sont tout simplement pas bavards le matin et préfèrent se retrouver seuls au volant.

Pour ces automobilistes, la voiture devient plus qu’un simple moyen de transport : c’est aussi un endroit dans lequel on doit être à l’aise, presque une extension du salon! Pris régulièrement dans les bouchons, Stéphane Devernal a décidé que sa prochaine voiture serait assurément dotée d’une transmission automatique. Fini les «1re, 2e, arrêt, 1re, 2e, arrêt». Nombreux sont ceux également qui ne pourraient se passer de la climatisation. «C’est un must», estime Steve Gélinas en se rappelant l’été où, par une malheureuse coïncidence, il tombait systématiquement sur des camions chargés de cochons.

De son côté, Jean-François Hogue avoue qu’il ne pourrait plus se passer de sièges chauffants… Être assis pendant des heures, c’est long. Être au chaud, c’est mieux!


Quelques enragés, beaucoup d’agressifs

Une poursuite de 15 minutes impliquant trois voitures à une vitesse atteignant 140 km/h. L’affaire se termine par une bagarre à coups de barre de fer et de pelle. Scène tirée du dernier film d’action à l’affiche? Non : il s’agit d’une balade dominicale en Outaouais qui a mal tourné, en mars dernier.

Les cas de «rage au volant» défraient régulièrement les manchettes. Un sondage de Léger Marketing (Une étude sur la rage au volant, août 2001) avance que près de cinq millions de Canadiens en ont déjà été victimes : gestes obscènes (40,5 %), langage indécent (27,1 %), coups sur le véhicule de la victime (6,6 %), conduite dangereuse (6,1 %), collision volontaire (5,3 %) et agression physique (4,2 %). Au Québec, 21,5 % des personnes interrogées affirment avoir été victimes de rage au volant tandis que 36,5 % disent en avoir été témoins.

Mais selon Guy Paquette, chercheur au Groupe de recherche en sécurité routière de l’Université Laval, les cas de rage au volant ne seraient pas aussi répandus qu’on le croit. Il faut distinguer ce phénomène de la conduite agressive. Défoncer un pare-brise à coups de bâton de baseball parce qu’on n’a pas apprécié le comportement d’un autre automobiliste? C’est un cas de rage au volant, c’est-à-dire une perte de contrôle de soi menant à l’intention malicieuse de faire du mal. Beaucoup plus courante, la conduite agressive consiste en un comportement susceptible de mettre en danger le conducteur ou autrui : couper la voie, suivre de trop près ou encore louvoyer d’une voie à l’autre. À la rigueur, même un «igloo roulant» (ces fameuses voitures dont seule une partie du pare-brise a été déneigée) représente selon lui un cas de conduite agressive!

La Sûreté du Québec adopte une approche graduelle s’inspirant de ces nuances pour catégoriser les incidents routiers. On parle d’abord d’impatience au volant, puis d’agressivité et, finalement, de rage au volant quand il y a acte criminel. Depuis le 31 décembre 2002, 10 000 cas de conduite agressive, d’impatience et de rage au volant ont été rapportés à la SQ. Onze cas de rage au volant sont actuellement sous enquête.

Toujours selon la SQ, 83 % des incidents ont lieu dans la grande région de Montréal (comparativement à 9 % dans la région de Québec), et 36 % surviennent le vendredi entre 16 h et 19 h. Impatient d’amorcer la fin de semaine? Allez, on commence tous par relaxer dans notre voiture!


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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