Les vêtements modèlent non seulement nos humeurs, disent les spécialistes, mais aussi l’impression que l’on donne à nos collègues et clients.

Cette allure professionnelle que procure automatiquement le port de l’habit n’est pas seulement culturelle : elle tient aussi à la génétique humaine. En fait, le cerveau interprète les diverses formes géométriques que prennent les vêtements, explique Mariette Julien, professeure à l’École supérieure de mode de Montréal. «Les vestons, par exemple, rappellent le carré. Notre cerveau associe cette forme au travail et à la stabilité.»
Même chose pour le tailleur féminin, que notre inconscient associe également au carré. Une enquête américaine effectuée au milieu des années 1990 par des chercheurs de l’Université d’Iowa a montré que lors d’une entrevue d’embauche, les employeurs préféraient les candidates vêtues d’un tailleur, rapporte Mariette Julien. Elles devaient aussi porter la jupe, synonyme de féminité. «Par contre, la jupe devait être à moins de trois pouces au-dessus du genou, précise-t-elle. Sinon c’était perçu comme trop sexy et, donc, pas assez professionnel.» Les bracelets qui font «clin-clin» sont aussi à proscrire lorsqu’on veut projeter une image sérieuse, tout comme les talons très hauts.
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Au boulot comme dans la vie quotidienne, les individus doivent tenir compte de certaines normes édictées par la société pour être acceptés d’un groupe. «Le vêtement est un outil de socialisation», remarque Françoise Dulac, professeure à l’École supérieure de mode de Montréal. Il joue un rôle de premier plan dans ce que dégage une personne. «Un conférencier doit, par exemple, éviter le rouge parce qu’il s’expose à des questions plus agressives de son auditoire», renchérit Mariette Julien.
Un accessoire aussi banal que la casquette pourrait même modifier notre humeur, affirme Mariette Julien, qui a étudié les casquettes sous toutes leurs coutures! «Même une personne de 77 ans se comporte comme un enfant lorsqu’elle en porte une. Elle marche différemment, elle est plus enjouée et plus taquine.»