Vie au travail
Des employeurs pro-vélo

Ça roule!

Se rendre au boulot à vélo, la belle affaire! Certains employeurs ne tolèrent pas l’ombre d’un guidon au bureau, d’autres boudent l’aménagement de supports ou d’enclos sécuritaires. Tout de même, des entreprises qui aiment les cyclistes, ça existe!

par Sylvie L. Rivard
Photo : Mathieu Lamarre


Magazine Jobboom
Vol. 3 no. 3
printemps-été 2002


Garer un vélo Marinoni de 3 000 $ à la porte du bureau? C’est ce que peut faire le personnel de l’Hôpital général de Montréal, un des rares employeurs de la région métropolitaine à faire la part belle aux cyclistes. En plus de supports à vélo extérieurs, la direction a installé une dizaine de casiers à vélos tout ce qu’il y a de plus sûr. Chaque abri est muni d’un cadenas et est complètement fermé pour protéger les bicyclettes des intempéries ou des voleurs.

«Ce sont véritablement des condos de luxe pour vélos! dit Robert Giguère, chef de service et responsable des stationnements et des terrains. Cette idée est l’initiative de plusieurs personnes qui venaient travailler à vélo.» L’Hôpital, qui doit parfois dérouler le tapis rouge pour attirer infirmières ou médecins, considère ces casiers comme un atout. «Les stationnements sont engorgés, précise Robert Giguère. Certaines personnes ne sont prêtes à venir travailler ici que si nous leur promettons une place pour garer leur voiture ou une autre option de transport.» La location d’un casier coûte 50 $ par saison aux utilisateurs.

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Promo-vélo

À Montréal, plusieurs initiatives favorisant l’utilisation du vélo comme moyen de locomotion ont vu le jour grâce au programme «allégo» du ministère des Transports du Québec, géré par l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Ce programme vise à améliorer l’accès aux lieux de travail en privilégiant des solutions de remplacement à la voiture. La Cité Multimédia a notamment reçu l’un des prix d’excellence «allégo» pour avoir entre autres aménagé des enclos à vélos intérieurs en plus d’une quarantaine de supports à l’extérieur.

«C’est clair qu’il y a plus de personnes qui viennent travailler à vélo depuis que nous avons aménagé ces installations, estime Bernadette Brun, coordonnatrice en transport au Centre de gestion des déplacements de la Cité. Pour nous, il était important de trouver une autre solution que ¨l’auto-solo¨ [un voyageur par voiture]. Nous diffusons des informations complètes sur le vélo dans notre site Internet, nous en faisons la promotion et nous participons au Jour V de Vélo Québec [journée consacrée à la promotion des déplacements à vélo].» L’initiative de la Cité Multimédia a inspiré quelques entreprises qui y logent, dont la compagnie Les Systèmes Proxima, qui a fait installer douches et vestiaires sous son toit.

En plus de supports à vélo extérieurs, la direction de l’Hôpital général de Montréal a installé une dizaine de casiers à vélos tout ce qu’il y a de plus sûr.

Mais les employeurs qui facilitent la vie de leurs employés cyclistes ne sont pas légion. Parmi ceux qui ont aménagé des installations de stationnement, la sécurité varie d’un endroit à l’autre. Le quotidien La Presse, par exemple, possède un enclos à vélos clôturé, balayé par une caméra et accessible seulement aux employés qui en font la demande. D’autres employeurs ont opté pour des supports à vélos ou libéré des espaces dans le garage souterrain, souvent surveillés par une caméra ou un patrouilleur. C’est le cas de Softimage, du siège social d’Alcan au centre-ville de Montréal et des bureaux d’Hydro-Québec à la Place Dupuis. Ces deux derniers endroits disposent aussi de douches et de vestiaires.

Le pied sur le frein

Nombreux sont les patrons qui encouragent leurs employés à cesser de fumer ou à s’abonner à un centre de conditionnement physique. Mais les incitations à enfourcher la bicyclette vers le travail demeurent encore timides. Pourtant, selon les spécialistes, qui dit cyclisme dit aussi hausse de productivité… et baisse d’absentéisme. Ce n’est pas le seul avantage des deux-roues : en ville, sur un circuit de 5 à 10 kilomètres, les vitesses de parcours des cyclistes et des automobilistes sont équivalentes. C’est un moyen de transport écologique, économique et rapide.

Selon Pierre Vermette, coordonnateur au développement du Réseau Vélo métropolitain chez Vélo Québec, les principales réticences des employeurs ont trait aux coûts d’aménagement des installations, au manque «présumé» d’espace et à l’idée farfelue que les employés n’ont pas besoin de telles installations. «Ils ne se rendent pas compte du coût de l’espace du stationnement automobile, déplore-t-il. C’est comme si c’était gratuit, alors qu’un seul emplacement coûte des milliers de dollars!»

En tenant compte de l’acquisition du terrain, de l’asphaltage, du déneigement, de l’entretien et des taxes municipales, un espace de stationnement extérieur pour une seule voiture coûte, dès le départ, un minimum de 6 000 $, renchérit son collègue Patrick Howe, attaché de presse chez Vélo Québec. «Dans un stationnement souterrain, cela coûte même de 10 000 $ à 25 000 $. Or, une seule case-auto peut facilement contenir 10 vélos! Si l’on tient compte de l’espace, du support et de la dalle de béton, le coût unitaire d’une case-vélo n’est que de 100 $.»


Vélos à temps partagé
Les villes de Saint-Hyacinthe, Victoriaville et Hull — et, dès cet été, Cowansville — mettent gratuitement des vélos communautaires à la disposition des citoyens. La plupart de ces projets fonctionnent sous forme de prêts et sont le fruit d’initiatives des municipalités ou d’organismes communautaires. Par exemple, à Saint-Hyacinthe, la Maison des jeunes et la Ville ont développé un concept original. Les bicyclettes provenant de l’encan municipal sont peintes en jaune et parachutées un peu partout. Un travailleur qui en trouverait une sur son chemin pourrait l’utiliser jusqu’à son lieu de travail. Après sa journée, il pourra l’enfourcher de nouveau, à moins qu’un autre utilisateur ne soit déjà monté en selle…

L’arbre à vélos
De drôles de fruits poussent dans certains arbres de Genève : des vélos! Inventé en 1995 par un chercheur en médecine qui avait un soir retrouvé son vélo sans selle et sans roue avant, l’arbre-parking permet aux cyclistes de garer leur bécane à cinq mètres du sol, à l’abri de la pluie et des voleurs. L’arbre, qui fonctionne à l’énergie solaire, sert aussi de système de distribution de vélos de location. Après avoir glissé sa carte magnétique pour effectuer son paiement, l’usager de la consigne peut faire descendre un vélo de location ou hisser son propre vélo au moyen de crochets liés à un système de rails verticaux. Inviolable!

Pour en savoir plus : www.bike-tree.ch


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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