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Vie au travail
Les programmes de covoiturage

Ça gaze!

Une affaire d’étudiants fauchés, le covoiturage? De plus en plus d’entreprises, dont Bombardier, Nortel et la Cité Multimédia de Montréal, pensent que non et réinventent la façon dont leurs employés se rendent au boulot.

par Nicolas Bérubé
Photo : PPM Photos, Martin Tremblay


Magazine Jobboom
Vol. 2 no. 4
septembre 2001


Il y a peu de temps, les employés de Bombardier Aéronautique qui pratiquaient le covoiturage ne le criaient pas sur les toits : au mieux, on les croyait excentriques, au pire, franchement étranges.

Du covoiturage?!? Le stationnement de l’usine de Montréal est aussi grand qu’une piste de décollage (5 000 places), et tous les travailleurs devraient, en principe, avoir les moyens de se payer une voiture. Résultat : 93 % des employés de Bombardier se rendaient au travail seuls dans leurs véhicules.

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Mais quelques vagues d’expansion de l'avionnerie plus tard, le terrain de stationnement débordait. Impossible de l’agrandir, faute d'espace. De plus, la voie d’accès qui mène à l’usine dessert également le siège social d’Air Canada. Les heures de pointe y étaient devenues infernales, provoquant retards et frustrations.

Bombardier n'avait plus le choix : il lui fallait trouver une solution à ses problèmes de circulation. «Le covoiturage était la bonne», explique Anne Rémillard, responsable du programme de covoiturage chez Bombardier Aéronautique.

En partenariat avec l’Agence métropolitaine de transport (AMT), qui élabore les plans de transport en commun dans la région de Montréal, Bombardier a mis sur pied en 1999 une campagne de promotion du covoiturage. Les travailleurs ont acheté : depuis novembre 1999, 1 418 participants répartis en 620 équipes de covoiturage se sont inscrits, soit 15 % des employés de l’usine. Ils sont deux par voiture, ou trois, et parfois plus : un des groupes compte sept voyageurs!

Sur la route

Sans même y avoir été encouragés par leur employeur, certaines personnes ont compris les avantages du covoiturage. Denis Patenaude, coordonnateur dans une compagnie financière située au centre-ville, est un pionnier de ce mode de transport. À bord d’un minibus de 15 places, il parcourt quotidiennement la route entre Saint-Timothé et Montréal depuis plus de 16 ans. Les passagers sauvent en moyenne 60 $ par mois par rapport au tarif du transport en commun. «J'ai eu l'idée, et le ministère des Transports m'a appuyé pour l’achat du minibus dans le cadre d'un des premiers programmes de covoiturage, au début des années 80. Certains de mes passagers voyagent avec moi depuis le début. Des nouveaux se joignent à nous, tannés des bouchons de circulation, qu'on évite grâce aux voies réservées sur les autoroutes pour les véhicules avec deux passagers et plus.»

Malgré son regain de popularité, le covoiturage souffre toujours d’un problème d’image. Avoir sa propre voiture est synonyme de liberté et, pour certains, le covoiturage semble compliqué, voire irréalisable.

Guylaine Saint-Pierre, une enseignante de Montréal, «covoiture» trois jours par semaine avec une collègue de travail. «Je dépense deux fois moins pour l’essence! En plus, le temps passe plus vite à deux quand on est pris dans le trafic. On parle de tout et de rien, on discute des potins au travail... Je pense que c’est important de faire du covoiturage avec quelqu’un avec qui on est à l’aise. Sinon, on doit trouver le temps long…» Et les désavantages? «Lorsque je finis ma journée de travail plus tôt, je dois attendre ma passagère. Mais ça fait partie du contrat.»

Pédale douce

Jadis marginal, le covoiturage connaît aujourd’hui un essor populaire. Et populaire, il devra le devenir encore davantage : à Montréal, notamment, les routes n’ont jamais été aussi engorgées. Selon le ministère des Transports, on compte pas moins de 1,5 million d’automobiles dans la région métropolitaine. À cause de l'expansion démographique des banlieues, d’ici 2010, 250 000 voitures de plus s'ajouteront aux embouteillages.


Système antipollution

Rejet annuel de CO2 dans l’atmosphère, par personne...
qui voyage seule: 1 686 kilos
qui se déplace avec un «covoitureur» : 843 kilos
qui se déplace avec deux «covoitureurs» : 562 kilos
(Source : AMT)


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