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Mais il y a de l'espoir. Les projets de covoiturage, comme ceux mis en place chez Bombardier, s'accumulent sur la table de l’AMT. «En tout, 32 entreprises d'importance travaillent avec nous afin d’implanter des systèmes de covoiturage», explique Luc Couillard, chargé des Programmes-employeurs à l’AMT. Postes Canada, Nortel et la Cité Multimédia de Montréal s’y sont déjà convertis. L’an dernier, le covoiturage a permis de retirer 1 300 automobiles des routes de Montréal, et l’AMT prévoit que 4 000 autres le seront cette année. L’objectif à long terme est d'en retirer 32 000 d’ici une dizaine d'années.
En participant au programme de covoiturage de l'AMT, les entreprises bénéficient du soutien de l’organisme pour développer une campagne de communication destinée à faire connaître le programme aux employés. Elles ont aussi accès à un logiciel qui permet de jumeler les travailleurs en fonction de leur code postal et de leur horaire. L’information est ensuite communiquée aux employés qui en font la demande. «Les gens sont curieux de rencontrer les employés qui demeurent dans le même quartier qu’eux, dit Anne Rémillard, de Bombardier. Une fois le contact établi, les équipes se forment d’elles-mêmes, et le covoiturage peut commencer.»
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L’AMT aide enfin les entreprises à mettre en place des mesures incitatives permettant de vaincre certaines réticences quant au covoiturage. «L’idée, explique Luc Couillard, c’est d’être proactifs. Il ne faut pas attendre que les gens s'inscrivent sur un babillard. Il faut garder l’engouement pour que le système se développe.»
Bombardier a ainsi réservé les meilleures places de stationnement (les plus près de l'entrée) aux voitures munies d’une vignette de covoiturage. L’été, ça ne change pas grand-chose, mais l’hiver… De plus, l’employeur donne chaque année à ceux qui font du covoiturage quatre bons échangeables contre des trajets en taxi. «Plusieurs personnes tenaient à venir avec leur auto pour pouvoir retourner facilement à la maison en cas d’urgence, poursuit Anne Rémillard. Avec les bons, on élimine ce problème.»
Par exemple, un automobiliste qui dépense 30 $ par semaine en essence épargne 750 $ annuellement s’il fait du covoiturage avec une autre personne, et 1 000 $ avec deux.
Sur le plan environnemental, c'est presque le pactole : selon les données de l’AMT, si vous conduisez une berline standard et que vous habitez à 15 kilomètres de votre lieu de travail, votre voiture rejette 1 686 kilos de CO2 par année dans l’atmosphère. En pratiquant le covoiturage à trois (donc en éliminant deux voitures de la route), le bilan pollution de chacun des passagers tombe à 562 kilos par année.
Malgré son regain de popularité, le covoiturage souffre toujours d’un problème d’image. Avoir sa propre voiture est synonyme de liberté et, pour certains, le covoiturage semble compliqué, voire irréalisable. «Le gros obstacle, c’est de changer les mentalités, explique Anne Rémillard. Pour bien des gens, le covoiturage, c’est pour les étudiants fauchés, pas pour les professionnels qui font de bons salaires.»
Les hausses récentes du prix de l’essence pourraient les aider à changer d’idée...
Le coût de l'indépendance
Dépenses annuelles pour le transport entre la maison et le travail (15 km de distance)
Coût de l’essence*, sans covoiturage : 600 $
Coût de l’essence, en partageant avec un «covoitureur» : 300 $
Transport en commun, carte TRAM : 930 $
(train-autobus-métro pour Montréal, Laval et la Rive-Sud)
*Consommation estimée à 10 L par 100 km, essence à 0,80 $ le litre. Il faut bien sûr ajouter à cette dépense les frais d’entretien et de réparation du véhicule.