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De la simple bouteille de vin au gros boni de Noël, la plupart des travailleurs connaissent les petits «plus» auxquels ils peuvent s’attendre de la part de leur employeur. Certains profitent toutefois d’avantages… pas mal avantageux.

Karine Goedike se définit comme une shoe addict. Une dépendance difficile à assumer pour une étudiante qui gagne un peu plus que le salaire minimum. À moins d’être vendeuse chez Aldo, comme c’était le cas pendant ses études. Elle bénéficiait alors d’une réduction de 50 % sur les souliers et les accessoires. En 8 ans, elle s’est offert environ 100 paires de chaussures. Aujourd’hui chargée de projets spéciaux dans cette entreprise, elle profite encore de ce rabais, qui l’a toujours motivée à rester au service d’Aldo.
De l’agent de bord qui voyage aux quatre coins de la planète presque gratos au commis de club vidéo qui part chaque soir avec des nouveautés sans débourser un sou, les travailleurs bénéficient de divers avantages liés à leur emploi. Et les entreprises ne s’en cachent pas : par exemple, la section recrutement du site Internet de la brasserie Molson fait référence à la bière gratuite pour les employés.
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Il y a bien sûr un monde de différence entre un vol pour Paris et le dernier James Bond sur DVD. Reste que les privilèges, même s’ils peuvent sembler anodins, sont susceptibles d’influencer un candidat dans le choix d’un emploi.
Employée de la Société des alcools du Québec (SAQ), Magalie Ducharme a 40 % de rabais sur la marchandise en magasin. Travaillerait-elle à la SAQ si ce n’était de ces alléchantes réductions? «Je n’en suis pas convaincue.»
Il faut dire que Magalie est une habituée des petits extras. Autrefois employée d’un magasin Archambault, elle a profité de réductions de 50 % sur les disques et de 35 % sur les livres. Certains de ses collègues, dont plusieurs étaient musiciens, y travaillaient pour cette unique raison : ils pouvaient se payer des disques à la tonne. Aujourd’hui, en plus de son emploi à la SAQ, Magalie est ouvreuse à temps partiel au Monument-National et a accès aux spectacles, même quand elle ne travaille pas.
L’industrie funéraire offre elle aussi des privilèges. Responsable de l’exploitation du Complexe funéraire Mont-Royal, Martin Trudeau précise que l’entreprise vient en aide aux employés si un de leurs proches décède : «Vingt-cinq pour cent de rabais sur les services funéraires, crémation sans frais et marchandises [comme les cercueils] au prix coûtant.» Les employés sont tous au fait de la politique de l’entreprise; l’employeur n’a donc pas à «vendre» ses services lorsque survient un deuil.
Des concessionnaires commencent cependant à remettre en question le principe de la voiture d’essai, qui est onéreux. Mais des employés n’ont pas hésité à faire savoir à Philippe Goffette, directeur général des ventes, qu’ils iraient voir ailleurs si la compagnie changeait la formule…
Les fanas d’esthétique ne sont pas en reste : à Montréal, à la clinique Médecine Esthétique Dr Yves Hébert, par exemple, les employés peuvent subir, gratuitement, des chirurgies comme la liposuccion ou des traitements pour la peau. Secrétaire dans cette clinique depuis 12 ans, Martine Lepage ne compte plus les traitements qu’elle a reçus. Cette femme de 35 ans n’aurait jamais envisagé ces traitements s’ils n’avaient pas été gratuits.
En plus de faire un velours à ses employés, le Dr Yves Hébert juge que ces avantages sont un bon investissement. «Si une patiente demande à ma secrétaire si elle a déjà eu des injections de Botox et que la réponse est oui, c’est plus facile à vendre.» Lui-même n’hésite pas à dire qu’il utilise le photorajeunissement : cela rassure la clientèle.
Les réductions sont rarement l’unique source de motivation d’un employé. Suzanne Guénette, qui travaille comme secrétaire-réceptionniste chez Epiderma, reçoit chaque année 200 $ de chèques-cadeaux, utilisables sur les produits et services de l’entreprise, et 50 % de rabais sur les épilations au laser et la microdermabrasion. Mais ce ne sont là que des avantages parmi d’autres pour cette employée, qui dit aimer travailler chez Epiderma surtout pour l’ambiance et le sentiment d’appartenance qu’elle y trouve.