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«On tente de répondre aux besoins du plus grand nombre possible de clients», explique Nadia Mereb, coordonnatrice des relations publiques chez Honda Canada. Mais on a rarement en tête un métier ou une profession en particulier au moment de dessiner un modèle. «Quand on imagine l’acheteur, on lui prête un style de vie et une situation familiale, on lui attribue une tranche d’âge et un revenu, mais il n’a pas de profession précise, explique-t-elle. Être trop pointu nous priverait de clients potentiels.» Même son de cloche du côté de General Motors.
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«En fait, la situation professionnelle n’est pas évacuée du portrait, mais les catégories sont larges : cols blancs, cols bleus, profession libérale, entrepreneur», explique Norman Chiasson, directeur de compte pour Volkswagen à l’agence de publicité PALM Arnold communication. Selon Daniel Paquette, représentant senior chez Laurentides Nissan, le style de vie importe davantage pour le fabricant que le métier exercé. Prenons deux médecins : le premier peut avoir des enfants et faire beaucoup de camping, tandis que l’autre sera célibataire et casanier. «Ils exercent le même métier, mais n’achèteront pas le même modèle de voiture.»
Même les organisations qui fournissent le véhicule à leurs employés, comme les entreprises pharmaceutiques, ne choisissent pas les modèles qui feront partie de leur parc d’automobiles en fonction de leur image. «Elles se soucient bien plus du rapport qualité-prix, de l’aspect sécuritaire et des questions pratiques, comme l’espace pour transporter du matériel», affirme Jacques Béchard. Les impacts environnementaux commencent aussi à peser dans la balance.
Cela dit, il arrive que des travailleurs aient droit à des remarques désobligeantes de la part de leur employeur à propos de leur voiture. Ainsi, au printemps dernier, la formatrice Sophie Richard a vu un de ses clients du secteur des finances interdire à un employé de stationner son auto en face de l’immeuble de bureaux. «Le patron n’appréciait pas la couleur rose framboise du véhicule!»
Code de conduite
Il semble que le char peut faire le moine. À preuve, voici quelques associations rapportées par nos personnes interviewées, pas toutes exemptes de préjugés…
«Il y a le jeune homme, début vingtaine, avec sa casquette à l’envers dans une Honda Civic rouge. Le travailleur d'usine avec son pick-up, dans lequel il traîne son quatre-roues l'été et sa motoneige l’hiver. Il y a l’avocat, l’architecte ou le médecin célibataire en BMW. Ou le jeune père de famille professionnel en Subaru. Par contre, je connais un avocat en pick-up, un professeur en BMW et un jeune homme en fourgonnette!»
- Sophie Richard, enseignante à l’Éducation aux adultes de l’école
Saguenay Valley. Roule en Dodge Grand Caravan.
«Les gens émotifs, dans le milieu de la publicité par exemple, ont tendance
à conduire des voitures excitantes, comme les Volkswagen. En tout cas,
pas un gros frigidaire! Et beaucoup de productrices de cinéma et de télé se promènent en Mini.»
- Norman Chiasson, directeur de compte chez PALM Arnold communication. Roule en Volkswagen Passat familiale.
«Les entrepreneurs de construction ont forcément une camionnette.
Plus elle est rutilante, meilleures sont les affaires! Les gens qui
dirigent leur entreprise roulent souvent en voiture de luxe, soi-disant
pour projeter une meilleure image auprès des clients. Les agents immobiliers, par exemple, possèdent une BMW ou une Jaguar! Et il y a les écolos, qui marchent, prennent le bus ou optent pour l’un des modèles qui figurent au palmarès de David Suzuki.»
- Nathalie Savard, traductrice. Roule en Nissan Sentra.
«Un vieux mononcle roule dans une américaine quatre portes, tandis qu’un jeune mononcle conduit une japonaise quatre portes qui se donne des allures de luxe, comme une Nissan Altima ou son équivalent germanique, la Volkswagen Passat. Même les BMW série 3 en version quatre portes sont maintenant conduites par des mononcles parvenus! L’écolo du Plateau sera fier d’utiliser une Toyota Echo identifiée au groupe Communauto.»
- Philippe, fonctionnaire au gouvernement fédéral. Roule en Mercedes.
«Les gens cartésiens ont tendance à s’acheter une voiture cartésienne, comme une Toyota. Mais on peut parfois avoir des surprises et découvrir des côtés cachés d’une personnalité; j’ai un cousin comptable agréé, parfaitement raisonnable, qui s’est déjà acheté une petite Mazda Miata.»
- Philippe Laguë, chroniqueur automobile. Roule chaque semaine avec un
modèle différent, métier oblige.
«J’ai l'impression que beaucoup d'ingénieurs et d’informaticiens aiment conduire des voitures allemandes, dont ils apprécient la technologie sophistiquée, sans frivolité. Les jeunes qui aiment modifier la mécanique de leur voiture semblent privilégier les modèles japonais sous-compacts : Honda Civic, Acura Integra et RSX. Selon mes observations, les professionnels en début de carrière qui ne peuvent pas encore se payer une auto luxueuse optent pour des modèles japonais performants : Mazda 3 ou 6, Honda Civic Si ou voitures allemandes telles que Volkswagen Golf et Jetta.»
- Gérald Proulx, pianiste de concert et professeur de musique. Roule en
Honda Civic 2001, de base. «C’est tout juste s’il y a une chaufferette
dedans!»
(M.-H. P.)