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Vie au travail
Wi-Fi

Réseaux sans ville

Du hall d’hôtel aux parcs en passant par le train, les internautes surfent librement, sans attaches et sans fil. Mais le Québec branché est encore loin d’être débranché.

par Maxime Johnson


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 4 Avril 2007


Train 23, direction Québec. Jocelyn East, gestionnaire au Centre canadien pour l’éthique dans le sport, va assister à une réunion dans la Vieille Capitale. En pleine tempête de neige, quelques kilomètres après Drummondville, il envoie son dernier courriel de la journée à ses patrons, à Ottawa.

Comme de plus en plus de Québécois, la mouche du Wi-Fi l’a piqué. «J’utilise Internet sans fil partout, dès qu’il y a un accès : dans les salles de réunion, les hôtels, les gares…», explique ce gestionnaire dont l’ordinateur est branché sur le réseau de VIA Rail. «Je prends le train justement parce que je peux rester en contact avec le bureau et être productif pendant mes déplacements.»

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Le Wi-Fi se déploie aussi à grande vitesse dans nombre de cafés, parcs et lieux publics, au plaisir des étudiants et des travailleurs autonomes. «Ça me permet de sortir de la maison, de voir autre chose», explique Bertrand Bouzigues, un informaticien français fraîchement débarqué au Québec pour y trouver un emploi. Chercher du travail à partir d’un café bondé, plutôt que depuis sa chambre, lui donne l’impression d’«avoir une journée mieux remplie». C’est certainement un peu plus motivant!

«Je joins aussi l’utile à l’agréable», raconte le jeune homme, qui profite régulièrement des réseaux offerts dans les cafés pour télécharger à haute vitesse les matchs de son équipe de soccer favorite.

Jusqu’à présent, plus de 32 000 internautes se sont connectés à Internet dans un hotspot montréalais.

Pour profiter du Wi-Fi, il suffit généralement d’ouvrir son ordinateur portable, qui détectera la présence d’un réseau. La machine doit être équipée d’une carte dite Wi-Fi ou, pour les initiés, une carte IEEE 802.11. Une fois connecté, l’internaute peut regarder une vidéo ou lire son horoscope en ligne, qu’il soit dans l’un des cafés Morgane à Trois-Rivières ou les pieds dans l’eau au Camping du Quai à Rivière-du-Loup. De nombreux réseaux Internet sans fil sont accessibles sans frais pour qui passe par là. Mais pour se connecter, il faut parfois débourser quelques dollars, comme c’est le cas dans beaucoup d’hôtels.

Mario Fortin, directeur général du Cinéma Beaubien, à Montréal, a pour sa part choisi d’offrir le Wi-Fi gratuitement dans le hall de son établissement. La connexion est aussi accessible aux gens qui fréquentent le parc Molson, qui s’étend devant. «C’est un service additionnel pour nos clients qui patientent avant la projection d’un film. Ça ne nous coûte rien de plus, car on paie de toute façon notre connexion Internet.»

Bonne volonté

Au Québec, le déploiement des hotspots – zones d’accès sans fil – est dépendant de la bonne volonté des commerçants et des institutions. Pour le moment, pas de développement à grande échelle mené par les élus, contrairement à plusieurs villes américaines et européennes.

Ce sont plutôt des organismes sans but lucratif qui portent la cause du Wi-Fi. Depuis 2003, les bénévoles de l’organisme montréalais Île sans fil, par exemple, convainquent des commerçants de partager leur connexion avec la communauté. «On utilise souvent Internet seul à la maison, dans l’anonymat. On veut briser l’isolement, ramener les gens dans les endroits publics», explique Alexis Cornellier, vice-président aux opérations d’Île sans fil.

Cet organisme a jusqu’à maintenant rallié plus de 130 entreprises de la métropole, dont une bonne partie sont concentrées dans le quartier gai, le quartier latin et le boulevard Saint-Laurent. Les commerçants paient l’équipement informatique, leur connexion et un abonnement à Île sans fil. En retour, l’organisme offre l’installation du réseau Wi-Fi, le soutien technique et la visibilité dans son site. Jusqu’à présent, plus de 32 000 internautes se sont connectés à Internet dans un hotspot montréalais.


Le Wi-quoi?

Le terme Wi-Fi n’est pas un acronyme, mais une marque de commerce accrocheuse pour remplacer son horrible nom, la norme IEEE 802.11, qui assure la compatibilité des routeurs et des cartes Wi-Fi. Tout ordinateur ou assistant numérique personnel (appelé communément PDA, pour personal digital assistant) muni d’une telle carte peut se connecter à Internet au moyen d’un routeur sans fil situé dans un rayon de 30 à 100 mètres. La navigation dans un réseau Wi-Fi est aussi rapide qu’avec une connexion haute vitesse traditionnelle.

Les réseaux Wi-Fi communiquent par ondes radio, tout comme les téléphones cellulaires. Est-ce dangereux? «Toute radiofréquence l’est potentiellement, explique Alain C. Houle, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique de l'Université de Sherbrooke. Mais dans ce cas-ci, les puissances sont faibles.»

Selon lui, une puissance d’émission plus élevée des routeurs et des cartes Wi-Fi pourrait devenir dangereuse, mais ne respecterait pas la loi. «La sécurité des utilisateurs est protégée légalement.»


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