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Vie au travail
Dictionnaires et grammaires

Aux grands mots…

La bonne maîtrise de la langue française est devenue un incontournable en milieu de travail. D’où l’importance d’être bien outillé. Alors, Robert ou Larousse? Pourquoi pas un Marie-Éva? Il ne faut pas oublier messieurs Grevisse et Hachette non plus. Voici comment s’y retrouver!

par Catherine Bachaalani


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 8 sept 2007


Ça fait au moins cinq ans que vous y pensez, mais là, vous vous êtes enfin décidé : aujourd’hui, vous allez congédier votre vieux Petit Larousse de 1985, acheté en première secondaire, et le remplacer par un plus jeune qui s’appellera peut-être Robert.

C’est là que ça vous frappe en plein visage. Le petit rayon des dictionnaires et grammaires d’autrefois mesure aujourd’hui cinq mètres : version papier ou format électronique, synonymes, difficultés, étymologie, junior, grand, petit, nouveau, ancien… Il existe même un dictionnaire des onomatopées! Impossible, donc, de faire des fautes en paix.

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Comment ne pas se tromper, compte tenu du coût de tels ouvrages de référence? Le seul moyen, c’est de connaître les forces et les faiblesses de chacun.

Les généralistes

Ça, vous connaissez! Du moins, les trois plus vendus au Québec : le Nouveau Petit Robert, Le Petit Larousse et le Multidictionnaire de la langue française. Difficile de les mettre sur le même ring puisqu’ils remplissent des fonctions différentes.

Contrairement au Robert, Le Petit Larousse est abondamment illustré et a une vocation plus encyclopédique que linguistique. Par exemple, prenons le mot «fleur». Le Larousse en fait état avec représentation en coupe d’une fleur de cerisier et d’une fleur de lamier blanc. La définition inclut des expressions et citations, mais également tout un paragraphe titré «ENCYCL.» où sont décrites les parties de la fleur et leur rôle. Le Robert, lui, s’attarde plutôt à l’étymologie du mot, à ses synonymes et aux nombreuses locutions et expressions dans lesquelles il figure, ce que le Larousse fait aussi, mais dans une moindre mesure.

Bien illustré, le Larousse est un incontournable dans un foyer familial ou encore dans une classe d’enfants, mais insuffisant pour la personne qui souhaite acquérir une connaissance approfondie de la langue. C’est pourquoi il est un peu boudé par les rédacteurs, traducteurs, auteurs, enseignants et autres professionnels de la langue, qui lui préfèrent nettement le Robert. «Plus précis», juge Christophe Ryneczko, traducteur à l’Université Concordia. «C’est la référence en la matière», renchérit Michel Defoy, correcteur-réviseur pigiste. «Il comporte beaucoup d’exemples», ajoute enfin Gilles Archambault, journaliste littéraire et auteur réputé, qui aime le Petit… et adore le Grand Robert : «Je l’aime beaucoup à tous points de vue. Le lire, c’est une sorte de jouissance du mot.»

Fait à considérer, Le Petit Larousse a l’avantage d’être un «deux en un» puisqu’il inclut les noms communs et les noms propres en un seul tome, alors qu’il faut acheter un second dictionnaire Robert pour les noms propres.

Moins réputé, le dictionnaire Hachette n’en a pas moins ses lettres de noblesse. Beaucoup moins cher que ses confrères, il est abondamment illustré et inclut les noms propres.

Et le Multidictionnaire de la langue française, le célèbre Multi, publié par Québec Amérique? Coup de chapeau pour cet ouvrage de la linguiste québécoise Marie-Éva de Villers, qui, avouons-le, facilite grandement le travail des rédacteurs et correcteurs. Il trône d’ailleurs souvent en roi sur leur bureau (ou dans leur ordinateur, puisque la version électronique coûte généralement moins cher que la version papier). Ce n’est pas un dictionnaire comme les autres; les définitions sont moins exhaustives et tous les termes n’y figurent pas, mais chaque mot qui présente une quelconque difficulté est accompagné de sa règle et souvent d’un tableau. Dans, «tel que» s’accorde-t-il avec ce qui précède ou ce qui suit? Cherchez «tel» dans le Multi. Vous ne serez pas déçu…

Parmi ces quatre dictionnaires, Michel Defoy est d’avis que le Multi et le Robert sont probablement les mieux adaptés à la réalité d’ici et aux principales difficultés de rédaction rencontrées par les Québécois.

Les spécialistes

Sans être indispensables, les dictionnaires de synonymes, d’expressions, de difficultés, visuels ou même de cooccurrences sont d’excellents compléments aux dictionnaires traditionnels. Avant d’y investir de précieux dollars, il faut toutefois se souvenir qu’un bon dictionnaire généraliste contient habituellement moult synonymes, expressions, cooccurrences et locutions!

Mais si vous ne savez plus comment lui dire que vous l’aimez, essayez les verbes suivants : adorer, affectionner, s’amouracher, être épris, avoir dans la peau, s’énamourer, vénérer… Plusieurs dictionnaires de synonymes sont sur le marché, de tailles et de prix différents. Il faut toutefois prendre garde et s’assurer que les synonymes sont adéquats : dans la plupart de ces dictionnaires, ils ne sont pas mis en contexte. On peut très bien se surprendre à écrire «je me suis atrophié» ou «je me suis ratatiné» pour simplement dire «j’ai maigri»…

C’est d’ailleurs ce que leur reproche Luc Lapierre, enseignant en sixième année dans une école presque exclusivement composée d’élèves immigrants, qui a vu beaucoup de compositions bourrées de synonymes inappropriés.

Certains dictionnaires de synonymes sont plus appréciés que d’autres. Celui de la collection Les usuels du Robert a l’avantage d’être compact, note Michel Defoy, qui apprécie également Le Grand Druide des synonymes et des antonymes, publié par Québec Amérique, et le Dictionnaire analogique, de Larousse.


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