Vie au travail

Aux grands mots… (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 8 sept 2007

Un dictionnaire comme celui des Expressions et locutions traditionnelles, publié par Larousse, a le mérite de colorer la langue quotidienne. Organisé autour de mots-vedettes, il nous offre à portée de main des centaines d’expressions connues ou non au Québec, leur signification, leur origine et même leur existence dans d’autres langues. On y apprend, par exemple, que la phrase «Une hirondelle ne fait pas le printemps» se décline également en espagnol, en anglais et en allemand.

Vous l’avez sur le bout de la langue. Mais quel est donc ce mot qui se marie si bien à «dîner» pour dire qu’il n’était pas planifié? Ah oui, «impromptu»! Un «dîner impromptu». Les mots qui «vont bien ensemble» sont consignés dans le Dictionnaire des cooccurrences de l’éditeur Guérin. L’auteur, Jacques Beauchesne, a dépouillé une multitude d’ouvrages pour dresser un inventaire des combinaisons les plus fréquentes de verbes et d’adjectifs avec des noms. Un vrai travail de moine, qui s’adresse surtout aux gens qui écrivent beaucoup.

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Tout comme Le Petit Larousse, le Nouveau Dictionnaire visuel, de Jean-Claude Corbeil et Ariane Archambault (Québec Amérique) est un ouvrage ultrapratique pour toute la famille. Et pour Bob Gratton : «Comment ça s’appelle, la patente, tsé la chose juste en dessous de la gogosse du driving shaft?» Le Visuel vous donne l’heure juste. Il existe en plusieurs formats et versions (multilingue, axé sur les définitions, etc.). Le seul hic : son prix. La version complète (et non compacte) vous en coûtera au bas mot 60 $.

Outre ces ouvrages, il existe sur le marché toute une panoplie de dictionnaires des difficultés du français, publiés notamment par Larousse et Robert. À feuilleter et refeuilleter avant d’acheter…

Les complémentaires

Avec la quantité d’outils linguistiques et de dictionnaires présentés en librairie, les grammaires classiques en prennent pour leur rhume. De plus en plus, seuls les enseignants, linguistes et autres spécialistes se plongent le nez dans un «Grevisse», bien connu dans sa version longue, Le bon usage, et plusieurs abrégées, comme Précis de grammaire française.

Le bon usage, écrit par Maurice Grevisse, c’est la bible. Dans tous les sens du terme : une autorité en la matière, un ouvrage imposant (1 800 pages!), très approfondi, mais de mise en pages vieillotte et long à consulter. Si long en fait que même les professionnels ne prennent pas toujours le temps de le faire, se rabattant autant que possible sur d’autres ouvrages. Michel Defoy, par exemple, s’en sert avant tout pour des cas très pointus. Même son de cloche de Christophe Ryneczko, qui souligne néanmoins la grande précision du Bon usage. Pour la plupart des gens, une version abrégée peut s’avérer plus utile et moins coûteuse.

Et qu’en est-il du fameux Bescherelle? Le petit livre vert de votre enfance, L’art de conjuguer, a fait des petits. Il s’accompagne maintenant de deux autres volumes, soit L’orthographe pour tous et La grammaire pour tous. Et lui, est-il toujours utile? Oui, à condition de ne pas avoir déjà son équivalent dans un dictionnaire généraliste (en particulier si ce dernier est électronique).

Les jeunesses

À notre époque, il est possible pour un enfant d’avoir un dictionnaire pour la tranche d’âge de 4 à 6 ans, un autre de 6 à 8 ans, un troisième de 8 à 12 ans et, enfin, un dictionnaire d’adulte. Total : environ 150 $! Un bon investissement? Peut-être pour les enfants de la première à la troisième année environ. Le Larousse des débutants , notamment, présente des définitions simplifiées sous forme de phrases (par exemple, «affreux, euse : une personne ou une chose affreuse est très laide.».

Enseignante en sixième année dans une école outremontaise, Isabelle Gibouleau n’utilise pas de dictionnaire junior en classe. Le Petit Larousse est plus adéquat, selon elle, puisque les élèves y trouvent tous les mots qu’ils cherchent, contrairement à un dico junior.

Son conjoint, Luc Lapierre, partage cet avis : «Il manque beaucoup de mots dans les dictionnaires pour jeunes. Or, si les enfants n’y trouvent pas celui qu’ils cherchent, ils pensent qu’il n’existe pas.» Dans sa classe, il y a un Multi des jeunes pour deux élèves, mais ces derniers le consultent rarement, car ils semblent le trouver un peu rébarbatif. Même s’il reconnaît qu’il y a de la paresse là-dedans, Luc Lapierre estime que ce dictionnaire pourrait être divisé en quatre tomes, ce qui attirerait davantage les enfants.

Les virtuels

Au Québec, le Grand dictionnaire terminologique, publié par l’Office québécois de la langue française, est sans contredit le site Web linguistique le plus consulté. Très branché sur la réalité québécoise, ce site gratuit ne contient pas tous les mots de la langue française, mais plutôt les néologismes, les termes techniques, les expressions qui peuvent poser problème pour toutes sortes de raisons. Un outil dont on ne saurait se passer. En outre, le Web contient plusieurs autres ressources : Lexilogos, le Trésor de la langue française informatisé, Orthonet, etc. À explorer.


Et les électros?

La grande révolution depuis l’achat de votre vieux Larousse en 1985, c’est l’avènement des dictionnaires en version électronique (cédérom). Un gadget? Pas si sûr. Les dictionnaires électroniques sont beaucoup plus rapides à consulter que les traditionnels, ils comportent souvent des enregistrements sonores de prononciation (sans avoir à apprendre l’alphabet phonétique), de même que des fonctions de conjugaison d’un simple clic, etc. De plus, ils sont très légers.

Cependant, pour les consulter, il faut bien sûr que l’ordinateur soit allumé (!) et à portée de main, ce qui est loin d’être toujours le cas lorsqu’on regarde la télé et qu’on entend un mot inconnu, lorsque les enfants font leurs devoirs dans la cuisine ou quand on joue au Scrabble au chalet. Aucun dictionnaire n’est utile s’il n’est jamais consulté. Ceux-ci coûtent de 40 $ à 90 $. La plupart sont conçus pour Windows et quelques-uns le sont également pour Macintosh.

Un «pensez-y bien».


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