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On ne compte plus les salariés qui s’impliquent dans l’équipe de balle molle ou de hockey de leur entreprise. Mais le «social» au travail peut aussi se conjuguer avec la discipline musicale. Quand la vie de bureau chante.

«Vous n’avez aucune idée à quel point ça me fait du bien. Ça vaut un traitement chez un massothérapeute!» Diane Bergeron, agent services financiers à la Caisse populaire Desjardins de Chicoutimi, consacre un midi par semaine à une activité qu’elle ne délaisserait pour rien au monde : les répétitions de la chorale des employés.
La chorale de la Caisse, qui compte aujourd’hui une douzaine de membres, a été mise sur pied à l’été 2006 à la suite d’un 5 à 7 musical — le directeur de la Caisse est guitariste amateur. «Depuis cette date, on a donné deux spectacles : le premier dans le temps des fêtes, au cours duquel on a évidemment chanté des chansons de Noël, et un autre en mai dernier, pour le début des vacances d’été. On a chanté une dizaine de pièces populaires, des chansons québécoises par exemple», raconte Diane Bergeron. Le groupe s’est produit pour les collègues, dans une ambiance bon enfant.
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Chanter en groupe est une activité socioculturelle suffisamment grisante pour évacuer le stress et oublier (temporairement) les petits tracas du quotidien. Diane Bergeron remarque également que la chorale rehausse l’ambiance de travail de la Caisse, de même que ses relations avec certains supérieurs. «Il y a quatre gestionnaires dans la chorale, dont une, entre autres, qui m’intimidait beaucoup avant. Quand j’avais à la rencontrer, je “bloquais”. La chorale m’a permis de mieux la connaître et de me sentir à l’aise avec elle.»
«Une chorale, c’est le genre d’activité qui n’est pas coûteuse pour l’entreprise et qui apporte une meilleure qualité de vie aux employés», confirme Angelo Soares, professeur de gestion des ressources humaines à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal. «C’est payant pour l’employeur : les salariés sont moins stressés et ils ont un engagement émotionnel plus élevé envers l’employeur. Les salariés vont y penser deux fois avant de quitter ce genre d’entreprise.»
À sa fondation en 1992, la formation ne regroupait que des salariés de l’usine de Longueuil. Aujourd’hui, la majorité des 65 membres n’a pas de lien d’emploi avec le manufacturier de moteurs d’avions. «Chez Pratt & Whitney, il y a plus de joueurs de baseball et de hockey que de chanteurs; on a donc recruté à l’extérieur», explique Michel Massé, directeur de la chorale depuis 1993 et retraité de l’entreprise.
Les chorales d’entreprises naissent souvent à l’occasion d’une fête de Noël. Des employés se regroupent spontanément pour chanter Jingle Bells ou Minuit, Chrétiens, les collègues en redemandent… et c’est parti pour la gloire. «Quand on donne un concert-bénéfice de Noël, on remplit une des plus grosses salles du Saguenay qui peut accueillir 900 personnes», se réjouit Yolande Tremblay, présidente fondatrice du conseil d’administration de la chorale du Centre de recherche et de développement Arvida, de l’aluminerie Alcan, à Saguenay. Cette chorale a vu le jour en 1998.
Le célèbre film Les choristes, réalisé par Christophe Barratier et lancé en 2004, contribue aussi à la ferveur populaire. Dans ce film, un professeur de musique embauché par un pensionnat de rééducation parvient à s’imposer à des élèves réputés indomptables en les initiant à l’art choral. «Quand j’ai vu ce film-là, ça a fait “clic”, se remémore Diane Bergeron. Les belles voix d’enfants, ça m’a donné l’idée de chanter dans une chorale.» En 2006, l’occasion s’est présentée à la Caisse.
À propos de cinéma, la plus singulière des chorales d’entreprises est probablement celle de la Cinémathèque québécoise, un organisme de conservation et de diffusion du patrimoine cinématographique, à Montréal. Depuis 2002, cette chorale n’interprète que de la musique de films ou des chansons qui évoquent le septième art.