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Tel un enfant qui empoche son argent à Noël sans regarder la carte qui l’accompagne, de nombreux salariés ne jettent même pas un œil à leur talon de paye. En fait, près de la moitié des travailleurs canadiens le classent sans le lire ou s’en débarrassent carrément, selon un sondage réalisé en 2004 par ADP Canada, une entreprise de services aux employeurs.
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Il est vrai que les bulletins de paye rebutent avec leur prose rébarbative farcie de R.R.Q., de R.Q.A.P. et de RPDB YEUR%. Pourtant, les travailleurs ne devraient pas lever le nez dessus.
«Les talons s’accumulent souvent dans le fond des sacs à main, mais c’est très important de les vérifier afin de s’assurer de l’exactitude des calculs», explique Richard Rousseau, vice-président du conseil d’administration de l’Association canadienne de la paie. Des erreurs peuvent se glisser, comme le nombre d’heures travaillées ou le nombre de journées de congé de maladie.
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En plus de se refléter sur le montant de la paye, ces erreurs peuvent se répercuter sur le calcul des gains servant au fonds de pension ou aux cotisations syndicales, par exemple. Enfin, il est avantageux de signaler une erreur rapidement, avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
Et puis avec toutes ces retenues sur son chèque, il est quand même bon de savoir où s’en va son argent!
Heures supplémentaires
Selon vos conditions de travail, les heures supplémentaires seront payées au taux horaire régulier ou à un taux majoré de 50 %, 100 % ou même davantage. Sauf exceptions, les heures dépassant les 40 heures de travail dans une semaine doivent être payées au moins au salaire majoré de 50 %.
Avantages imposables
Les avantages sociaux (voiture payée par la compagnie, assurance-vie ou maladie, allocations, etc.) qu’un employeur paye en totalité ou en partie sont considérés par le fisc comme une forme de rémunération et doivent donc apparaître distinctement sur votre bulletin de salaire pour qu’on puisse déterminer l’impôt que vous avez à payer.
Vacances
Cette case, et les chiffres qui s’y trouvent (dont les façons de les calculer sont aussi nombreuses qu’il y a d’employeurs), sont les informations parmi les plus importantes inscrites au bulletin de paye. Elles indiquent pourquoi vous travaillez si fort aujourd’hui…
Exemptions de base
L’exemption de base est la première tranche de revenu annuel que le fisc laisse libre d’impôt. Après quoi, les sommes supplémentaires sont imposables. Au fédéral, l’exemption de base est de 9 600 $ : le salarié qui gagne 60 000 $ ne payera donc de l’impôt que sur 50 400 $ (son revenu imposable).
Au Québec, le calcul de l’exemption de base est légèrement plus complexe… Il faut multiplier la somme de 10 215 $ par 20 %, et diviser ce total par votre taux d’imposition, qui est de 16, 20 ou 24 %, selon votre revenu.
En plus des exemptions de base, des crédits peuvent s’ajouter pour faire diminuer votre revenu imposable. Si vous avez des personnes à charge ou travaillez en région éloignée, par exemple. C’est la responsabilité de l’employé d’informer son service de paye de sa situation. Si vous avez oublié de le faire, pas de panique! Vous obtiendrez simplement un plus gros retour d’impôt l’an prochain.
Impôt fédéral
Il faut bien payer pour la poste, la Garde côtière, l’armée et le parc Forillon! Un pourcentage de son chèque de paye variable en fonction de son revenu imposable s’en va donc directement à Ottawa.
Paliers et taux d’imposition 2008
de 0 $ à 37 885 $ : 15 %
de 37 885 $ à 75 769 $ : 22 %
de 75 769 $ à 123 184 $ : 26 %
plus de 123 184 $ : 29 %
Impôt provincial
Comme le martèlent certains animateurs de tribunes téléphoniques, les Québécois dont les revenus dépassent les 40 000 $ payent en général plus d’impôt que la majorité de leurs compatriotes canadiens. Le Québec est même la seule province canadienne à avoir des taux d’imposition dans les 20 %, ce qui lui permet de se vanter de la qualité de son réseau routier.
Paliers et taux d’imposition 2008
de 0 $ à 37 500 $ : 16 %
de 37 500 $ à 75 000 $ : 20 %
plus de 75 000 $ : 24 %
R.R.Q.
Il s’agit des sommes que vous remettez à la Régie des rentes du Québec, en prévision de vos vieux jours, aussi lointains soient-ils. Un taux de 4,95 % du salaire d’un travailleur est prélevé à la source pour lui assurer un revenu minimum à sa retraite (après une exemption de 3 500 $, et sur un revenu imposable allant jusqu’à 44 900 $). La cotisation au Régime des rentes du Québec est obligatoire pour tous les travailleurs de 18 ans et plus.
Fonds de pension privé
Les employeurs peuvent proposer un fonds de pension privé à leurs employés afin de bonifier leur revenu à leur retraite. Ces fonds de pension sont toutefois facultatifs.
R.R.E.G.O.P.
Le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics est un fonds de pension obligatoire pour tous les employés du secteur public.
R.Q.A.P.
Depuis l’entrée en vigueur du Régime québécois d’assurance parentale en 2006, les Québécois déboursent 0,45 % de leurs gains (sur un revenu allant jusqu’à 60 500 $) pour ces mois de «congés» parentaux suivant la naissance des futurs contribuables. Dans le Rest Of Canada, ces cotisations sont incluses dans l’assurance-emploi, qui gère encore l’assurance parentale.
Assurance-Emploi
L’assurance-emploi est le nom légèrement orwellien de l’assurance-chômage. Tous les salariés en payent (1,39 % du salaire sur un revenu annuel allant jusqu’à 41 100 $), autant l’étudiant dans son uniforme brun de Tim Horton que l’avocat de la défense. La bonne nouvelle est que l’employeur en paye encore plus (1,95 % du salaire de l’employé).
Autres déductions
Parmi les autres déductions à la source, les travailleurs québécois peuvent cotiser à un REER, à des clubs sociaux ou à d’autres formes d’assurances que celles déjà mentionnées. Sans oublier les cotisations syndicales!