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Si les vêtements des pompiers ou des agents de bord sont reconnus pour exercer un attrait particulier, on ne peut en dire autant de tous les uniformes. Heureusement pour les travailleurs les plus mal fringués, les designers arrivent à leur rescousse.

Il y a plusieurs années, perdu dans Rome, le designer québécois Jean-Claude Poitras s’est renseigné auprès d’un policier. «Sans qu’il sache qui j’étais, il m’a demandé : “Vous aimez mon uniforme? C’est Giorgio Armani qui l’a dessiné!” Ça m’a complètement renversé. Quelle différence avec ici où, trop souvent, les compagnies d’uniformes offrent des modèles qui datent de la préhistoire.»
Pour importer le chic européen et insuffler un peu de sex-appeal à l’uniforme de travail, le créateur s’est donné la mission de le revisiter. Il est, avec Michel Robichaud et Philippe Dubuc, l’un des grands noms de la mode québécoise à prêter son talent à la création de vêtements de travail.
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Le marché des uniformes est en train de changer, constate Nancy Rousseau, qui a lancé sa propre gamme de vêtements pour infirmières, USSO design, il y a trois ans. En plus de considérations quant à l’hygiène (dans les métiers liés à la santé ou à la science) ou à la sécurité (dans les emplois des domaines de la construction ou de la restauration), les fabricants estiment désormais que le style est un critère important.
«Depuis trois ans, il y a bien plus de choix dans les tissus, les couleurs et les coupes. Chez les infirmières, l’uniforme devient beaucoup plus raffiné. Les entreprises qui font de beaux vêtements poussent comme des champignons», dit celle qui a décidé de cintrer les chemisiers que portent les soignantes et d’y ajouter de jolis cols.
«Il y a eu de l’amélioration dans le design des uniformes de travail, reconnaît Jean-Claude Poitras, mais pas suffisamment. Souvent, les entreprises qui vendent des uniformes n’ont même pas de designers ou de service de recherche et développement alors qu’il y a eu une évolution extraordinaire dans les textiles ces derniers temps», déplore-t-il.
Reste donc un grand nombre d’employeurs qui vêtent encore leurs employés de «pyjamas informes» ou de «poches à patates», pour reprendre les mots de Jean-Claude Poitras.
Pourquoi? «C’est un mystère! répond Nancy Rousseau. Au début je pensais que c’était la Commission des normes du travail qui dictait des restrictions nous empêchant d’en avoir des beaux», dit la créatrice, elle-même infirmière. «Mais non! Je pense que jusqu’à récemment, les manufacturiers d’uniformes répondaient uniquement aux critères d’utilité, en omettant l’aspect esthétique.»
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Porter
«Les uniformes de la compagnie aérienne Porter font preuve d’élégance et de raffinement s’enthousiasme Nadya Toto, designer de mode.
Chacune des différentes versions identifie très bien la marque, le message est clair. J’aime surtout la finesse des tailles marquées. Les teintes sont sobres mais discrètement colorées, et les carrés de soie ajoutent la touche finale.»