Vie au travail

Travailler dehors l'hiver (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 1
janvier 2009

Il faut aussi rester au sec à tout prix, ajoute-t-il. «Quand je transpire trop, je finis par avoir froid après et je tombe malade. J’ai attrapé trois ou quatre grippes vraiment mauvaises comme ça, et j’ai appris ma leçon : je travaille moins vite pour éviter de trop transpirer.» Même son de cloche du côté de Martin Germain. Facteur pour Postes Canada, il livre le courrier pour la succursale Delorimier, à Montréal. Pendant 5 heures, chaque jour, il parcourt l’équivalent de 10 kilomètres et monte plus de 5 600 marches d’escalier.

«C’est pratiquement impossible que nos livraisons soient annulées à cause des rigueurs de l’hiver. Même s’il y a une grosse tempête, je livre le courrier commercial», avance-t-il. Heureusement, son travail lui permet de rester actif et donc de générer de la chaleur.

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Postes Canada lui fournit tout l’équipement dont il a besoin : deux manteaux (un très chaud et un plus léger), des vestes sans manches, des doublures de polaire, des pantalons doublés, des tuques et un chapeau à la russe, avec oreillettes. Par ailleurs, ses itinéraires de livraison prévoient des moments dans des endroits chauffés, comme des immeubles à appartements et des commerces. «Le pire, c’est quand il vente très fort. Pour éviter les engelures, je dois me mettre à l’abri de temps en temps.»

Patron, j’ai froid !

Si les travailleurs doivent faire leur part pour se protéger, les patrons ont aussi des obligations. «La Loi sur les normes du travail est explicite : l’employeur a la responsabilité de fournir à ses employés un milieu de travail sain et sécuritaire, et les contraintes thermiques font partie des risques pour la sécurité des travailleurs», fait valoir Éric Arsenault, porte-parole de la Commission de la santé et de la sécurité du travail.

Dans un guide sur les précautions à prendre pour travailler au froid, l’organisme préco­nise des mesures comme l’utilisation de machines conçues pour être manipulées sans retirer ses gants, l’instauration d’un système de surveillance entre les travailleurs afin de reconnaître les signes d’hypothermie ou encore la réorganisation du travail pour accomplir les tâches à l’extérieur durant la période la plus chaude de la journée.

Toutefois, rien n’oblige un employeur à fournir des abris à tous ses employés qui travaillent à l’extérieur. Il n’y a pas non plus de température limite sous laquelle il est interdit de travailler.

«S’il fait un froid extrême ou que les conditions sont vraiment mauvaises, les travailleurs peuvent exercer un droit de refus, explique Nicholas Harvey. Évidemment, ils perdent leur journée. Habituellement, les gars s’organisent pour accomplir la ma­jeure partie du travail extérieur quand la température est plus chaude, et se réservent du travail de finition à l’intérieur pour les grands froids. Quand l’employeur lui-même trouve qu’il fait trop froid, tout le monde rentre à la maison. C’est le gros bon sens.»

Et il y a toujours le plaisir de retrouver la chaleur une fois le travail accompli. «Ça prend une longue douche très chaude ou un bain pour bien se réchauffer quand on rentre», confie le charpentier-menuisier Richard Neveu.

Un petit chocolat chaud au coin du feu avec ça?


Comment passer l’hiver dehors

• Porter des vêtements (pour le corps et pour les extrémités) conçus en fonction de la température, du niveau d’activité et des tâches à exécuter.

• Adopter la technique de l’oignon. Plusieurs épaisseurs de vêtements isolent mieux qu’un seul vêtement épais à cause des couches d’air entre chaque pelure.

• Privilégier des matières qui favorisent l’évaporation de la sueur (polyester, polaire). Éviter le coton près du corps, car il retient l’humidité.

• Prévoir des vêtements de rechange secs.

• Toujours se couvrir la tête pour limiter les pertes de chaleur. Jusqu’à 40 % de la chaleur que produit le corps pour maintenir sa température interne à 37 degrés peut s’échapper par la tête.

• Manger intelligemment. On recommande une alimentation riche en gras et en glucides (ex. produits laitiers, pâtes, pommes de terre) et l’absorption de liquides chauds, comme de la soupe.

• Pour éviter la déshydratation, on boit beaucoup d’eau et on boude le café ainsi que l’alcool, en raison de leur effet diurétique (qui augmente la production d’urine).


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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