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D'autant plus que sauter des repas s'avère la meilleure façon de prendre un excédent de poids... «Le midi, on a intérêt à faire une coupure et à aller prendre un vrai repas», assure la diététiste Louise Desaulniers, coauteure, avec Louise Lambert-Lagacé, du livre de recettes La Nouvelle Boîte à lunch.
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Le mot magique pour un repas fortifiant? Protéines. Une femme a besoin de quinze grammes de protéines par repas et un homme, vingt. «Quand on escamote les protéines du midi, on a tendance à avoir une baisse d'énergie dans l'après-midi, ou encore une fringale de sucré.» On retrouve les fameuses protéines dans la viande rouge, la volaille, le poisson (une petite boîte de thon ou de saumon, servie en salade, en fournit assez), les légumineuses (par exemple, une soupe bien garnie en lentilles), les omelettes, même le fromage ou le lait, s'ils sont ingérés en quantité suffisante. En complétant avec quelques portions de légumes - aliments faciles à digérer - et un fruit en guise de dessert, on obtient un repas soutenant, mais qui ne surcharge pas l'estomac.
Si on a tendance à tomber dans les bras de Morphée en milieu de journée, c'est peut-être aussi parce que l'on a abusé des féculents, des aliments bourratifs, mais dont l'effet rassasiant ne dure pas. «Il faut éviter les repas riches en pâtes, en pain, conseille Louise Desaulniers. Ce qui nous endort, c'est d'absorber trop de féculents, et pas assez de protéines. Les gens qui mangent des sandwiches ne tiennent généralement pas le coup jusqu'au soir. Pas plus que ceux qui se nourrissent d'un gros plat de pâtes avec de la sauce tomate. Mais parce qu'ils ont une sainte horreur du gras, les gens pensent malheureusement faire un bon coup en mettant la viande de côté...»
Surtout si l'environnement dans lequel on travaille n'est pas sain. Bon nombre d'immeubles de bureaux ne sont pas exempts de tout soupçon quant à la qualité de l'air ambiant. Selon le docteur Jacques Binet, du Service de santé au travail du CLSC Les Faubourgs, les principaux problèmes touchent le « contrôle thermique [la chaleur] et l'humidité», qui peuvent causer de l'inconfort chez les employés, notamment l'irritation du nez et de la gorge.
Le médecin recommande aux sédentaires d'aller prendre l'air le midi, ne serait-ce que pour activer leur circulation sanguine.
En sortant dîner, on fait ainsi d'une pierre deux coups : on recharge ses batteries en mangeant et on s'oxygène. À l'heure de la maximisation de la rentabilité, voilà une offre qui ne se refuse pas.
Culinairement... distinct
Selon une enquête menée par le Groupe NPD Canada l'an dernier, pour le compte de l'Association canadienne des restaurateurs et des services alimentaires, il y a eu une augmentation de 14 % du nombre de fois où les gens ont rapporté au bureau un lunch acheté à l'extérieur, depuis 1994; alors que pendant la même période, la fréquentation des restaurants par les travailleurs pendant l'heure du lunch a chuté à 45 %, une baisse de 5 %.
Jill Holroyd, directrice de la recherche et des communications de l'Association, souligne que la tendance à dîner sur le pouce touche tout le Canada, à une seule exception : le Québec, où l'on serait plus nombreux à prendre la peine de s'asseoir pour manger. «Les Québécois fréquentent davantage de restaurants fins et prennent un peu plus de temps pour entretenir leurs rapports sociaux», confiait-elle au journal Globe and Mail, à la lumière des résultats de l'étude. «Alors qu'en Ontario, comme dans la majorité du pays, les gens sont trop pressés pour ça.»
Éternels charmes de la société distincte, ou conséquences d'une économie qui roule moins fort?