Vie au travail
Métier : avocat criminaliste

Objection, votre honneur!

L’avocat criminaliste a le devoir de défendre les meurtriers, violeurs ou fraudeurs du mieux qu’il peut. Ses émotions et ses valeurs? Il les met au rancart pour son boulot.

par Marie-Claude Marsolais




«L’avocat criminaliste ne travaille pas avec la crème de la société. Il faut une dose d’ouverture pour exercer la profession», dit Anne-Marie Boisvert, professeure de droit à l’Université de Montréal. Me Richard Dubé approuve. Lorsqu’un client accusé d’un acte criminel frappe à sa porte, il ne porte pas de jugement. «D’abord, je garde en tête le principe fondamental de la présomption d’innocence, dit-il. Un individu est innocent jusqu’à ce que l’État prouve sa culpabilité. Le cas échéant, mon objectif est qu’il écope de la peine la plus clémente possible.»

Une seule formation

«Tous les avocats sont titulaires d’un baccalauréat en droit. Il n’existe pas de formation spécialisée en droit criminel, précise Mme Boisvert. Dans le cadre du bac, il y a tout de même six crédits de cours obligatoires en droit pénal.»

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À la cour

Si le droit civil tourne généralement autour de la négociation de contrats, le droit criminel, lui, est axé sur le comportement humain. De plus, l’avocat civiliste ne se présente que rarement devant les tribunaux. «Il peut régler les dossiers en négociant hors cour», explique Danielle Pinard, professeure de droit à l’Université de Montréal. «Le criminaliste, lui, passe la plupart de son temps à la cour, dit Me Dubé. Or, il faut des années d’expérience pour comprendre les stratégies d’un plaidoyer efficace, afin de crier au bon moment “objection, votre honneur!”»


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